Avenir énergétique  / Dessine-moi « L’Usine Hydroélectrique Valais »

La batterie alpine, l’atout de la transition énergétique

L’hydroélectricité valaisanne va confirmer son rôle en tant que pièce maîtresse de la sécurité d’approvisionnement de la Suisse et de l’Europe. Avec deux avancées majeures pour une batterie alpine consolidée: l’augmentation du stockage et le renforcement de la flexibilité.‍

L’hydroélectricité valaisanne va confirmer son rôle en tant que pièce maîtresse de la sécurité d’approvisionnement de la Suisse et de l’Europe. Avec deux avancées majeures pour une batterie alpine consolidée: l’augmentation du stockage et le renforcement de la flexibilité.

TEXTES: PASCAL FAUCHÈRE

Saviez-vous que ce que l’on appelle communément une batterie est en fait un ensemble d'accumulateurs reliés entre eux de façon à créer et stocker de l’électricité? Si l’on transpose cette idée à un territoire, on peut imaginer que les lacs d’accumulation en montagne constitueraient, s’ils étaient reliés entre eux, une seule et même batterie… alpine! Exploités aujourd’hui comme autant de «petites» piles, les quarante-six grands aménagements valaisans au fil de l’eau ou à accumulation dialogueraient pour fonctionner de manière globale et connectée. C’est précisément la définition du projet de l’Usine Hydroélectrique Valais et de ses objectifs de coordination. Et c’est ce à quoi œuvre FMV dans une volonté bien comprise de fédérer tous les acteurs cantonaux et suisses autour de cette vision commune. Le dossier prend une dimension toute stratégique en ces temps d’incertitude. Que l’on songe à la sécurité mise à mal de l’approvisionnement énergétique suisse et européen ou au développement massif des énergies renouvelables intermittentes comme le solaire et l’éolien. En clair, pour éviter les pénuries et les black-out, il faut renforcer la batterie alpine. Autrement dit, augmenter ses capacités de stockage pour davantage d’énergie d’hiver et de flexibilité.

Produire une électricité stockable et flexible.

Augmenter le stockage afin de répondre aux besoins hivernaux en transférant l’électricité photovoltaïque surabondante en été: l’énergie estivale excédentaire servira au pompage de l’eau dans les lacs d’accumulation, force hydraulique qui sera ensuite utilisée d’octobre à avril pour répondre à l’importante demande énergétique. Améliorer la flexibilité afin de régler de manière optimale les réseaux de transport d’électricité davantage soumis aux aléas de la production irrégulière du soleil et du vent: pour éviter le black-out, il doit y avoir en effet un équilibre constant entre production et consommation.

Augmenter les performances de la batterie alpine.

Augmenter les performances de la batterie alpine. En matière d’approvisionnement, notre pays est déjà aujourd’hui importateur durant la saison froide. Fin 2021, la ministre chargée de l’énergie, Simonetta Sommaruga, fixait le cap des 2 TWh d’hydroélectricité supplémentaires en hiver d’ici à 2040. Aujourd’hui les barrages valaisans stockent jusqu’à 1,2 milliard de mètres cubes d’eau, l’équivalent du volume du lac de Bienne. Dans son «Etude sur le potentiel de la force hydraulique en Valais», FMV a identifié une capacité de production hivernale supplémentaire de 2,2 TWh répartis sur dix-neuf projets. Ces 2,2 TWh nécessitent d’augmenter le stockage de 655 millions de mètres cubes d’eau via la construction de nouveaux barrages ou par des rehaussements de murs.

L’extraordinaire centrale de pompage-turbinage de Nant-de-Drance.

En matière de flexibilité, le Valais va contribuer significativement à l’équilibre des réseaux avec un outil extraordinaire: la centrale de pompage-turbinage de Nant-de-Drance qui entrera en service le 1er juillet prochain. Ses machines permettent de passer en moins de cinq minutes du pompage (- 900 MW) au turbinage (+ 900 MW), l’équivalent de deux fois la puissance de la centrale nucléaire de Gösgen. Nant-de-Drance fonctionne comme une gigantesque batterie hydraulique. Ses cycles journaliers et hebdomadaires permettent de rapidement stocker l’électricité excédentaire sur le réseau ou de produire l’énergie nécessaire lorsque la demande est supérieure à l’offre. Cette installation dont FMV est partenaire à hauteur de 10% contribuera ainsi à la sécurité des réseaux et de l’approvisionnement en électricité du pays. Si personne ne dispose de «l’interrupteur» du soleil ou du vent, le Valais peut en revanche maîtriser celui d’une partie de la batterie alpine européenne…